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L’ALTERNATIVE

Depuis 1991, le pouvoir Kamerunais a pris un malin plaisir à fabriquer des doublons politiques pour noyer les vrais courants d’opposition. L’Union des Populations du Cameroun (UPC), première victime historique de cette manœuvre, n’a cessé de le dénoncer dans un désert d’indifférence. Aujourd’hui, ceux qui se croyaient à l’abri découvrent, un à un, les mêmes méthodes. Serait-ce enfin le moment de comprendre que la division est un outil de pouvoir, pas une fatalité des partis ?

Quand l’UPC criait dans le vide

Ils avaient prévenu. Depuis 1991, les véritables militants de l’UPC alertaient : « Ce que vous appelez division est un stratagème. Ce n’est pas l’UPC qui est divisée, c’est le pouvoir qui la divise à dessein. » En 1993 et 1994, la Cour Suprême reconnaît à deux reprises, la légitimité de l’UPC des fidèles devenue UPC-MANIDEM. La Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples va confirmer cette légitimité et l’égalité de l’UPC authentique. Et pourtant, rien. L’État reste sourd. Le peuple, lui, détourne le regard. Le prétexte est simple : « L’UPC est trop divisée. » Facile. Pratique.

Les clones prolifèrent

Mais voici que la stratégie du « parti-homonyme » fait des petits. Après l’UPC, voici le MRC, le PCRN, le SFNC, et même le MANIDEM ! À chaque fois, les mêmes ingrédients : un conflit interne attisé, un tribunal bien orienté, un ministre silencieusement complice, et une opinion qui finit par dire : « C’est leur cuisine interne. » Pendant ce temps, le régime rigole et gagne du temps. On divise, on décrédibilise, on neutralise. Tactique simple, résultat implacable.

Le syndrome du chacun pour soi

Quand l’UPC tombait, d’autres partis regardaient ailleurs. Certains se frottaient même les mains, croyant que leur tour de briller était venu. Ils ne voyaient pas qu’ils suivaient exactement le même chemin : espérer pousser sur les cendres d’un camarade de lutte, sans comprendre que le feu les atteindrait tôt ou tard.

Et maintenant ?

Maintenant, on regarde le MRC se faire interdire sa convention par un clone sorti de nulle part. On assiste au procès de la direction d’un autre parti contestée… par des gens que personne n’a jamais vus militer. Et encore, certains disent : « Ils sont divisés. » Toujours cette chanson.

Stopper le feu chez le voisin

Il n’est pas trop tard pour comprendre. Ce n’est pas l’UPC, le MRC, ou le PCRN qui sont divisés. C’est le système qui divise. Et il le fera tant qu’on le laissera faire. Comme l’a dit Um Nyobè : “La liberté ne se mendie pas, elle se conquiert.” La conquête commence peut-être par un acte simple : refuser d’ignorer les cris de l’autre. Aujourd’hui plus que jamais, l’alternance ne viendra pas de la compétition entre cendres, mais de l’unité entre braises.

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