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PÉAGES ET RADARS FANTÔMES : LE COÛT DU SILENCE

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Une chronique de Hilaire NGOUALEU HAMEKOUE

Des installations inaugurées à grand renfort de communication, des milliards investis, mais toujours aucun service rendu. Qu’est-ce qui bloque vraiment les péages et radars automatiques au Kamerun ? Et surtout, pourquoi le citoyen paie-t-il l’immobilisme au prix fort ?

En février 2021, l’État kamerunais annonçait fièrement le lancement de 14 postes de péage automatisés. Sept d’entre eux devaient être opérationnels dès 2023. Nous sommes en 2025, et la promesse reste lettre morte. Pas de barrière levée, pas de ticket délivré, pas de justification convaincante.

Cameroun : les enjeux de l'automatisation des péages routiers | Financial Afrik

Dans le même élan, un projet de radars fixes automatiques censés réduire les accidents de la route a vu le jour. Là encore, milliards engloutis, dispositifs installés… et puis plus rien. Ces équipements high-tech dorment au bord des routes, sans alimenter ni sécurité routière ni caisse publique.

Sur tous les axes, les usagers constatent l’inadéquation entre les montants perçus par la vieille méthode et la qualité des infrastructures. Là où les caisses se remplissent, les routes s’effondrent. L’entretien est minimal, la signalisation quasi absente et la transparence sur l’utilisation des fonds reste un mirage. Qui contrôle ces flux financiers ? Où vont les recettes ? Les réponses se perdent dans les méandres d’un système administratif verrouillé.

Pire encore, des soupçons de surfacturation des infrastructures, de favoritisme dans les marchés publics et d’opacité dans les contrats avec les opérateurs privés alimentent le doute. Le citoyen, toujours prompt à espérer, paie pour un service public qui ne suit pas.

Plus grave encore, certains de ces péages ont été implantés sur des tronçons appelés à disparaître, supplantés par les autoroutes en construction. Incohérence ? Mépris ? Ou volonté délibérée de gaspillage organisé ? D’après des lanceurs d’alerte comme Samuel BILONG, ces projets auraient été surfacturés à hauteur de six à sept fois leur coût réel.

Au-delà du scandale économique, c’est la faillite morale de la gouvernance qui se dessine.

Jadis, on construisait et on inaugurait. Aujourd’hui, on facture, on communique, puis on oublie. Mais le peuple, lui, n’oublie pas. Il paie. Et attend.

À l’heure où l’automatisation devrait symboliser efficacité et rigueur, le Kamerun donne le spectacle d’une modernité de façade. Tant que la gouvernance ne sera pas alignée avec les exigences de transparence, l’innovation restera un leurre. Et le citoyen, lui, continuera de rouler dans les ornières… à ses frais.

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1 comment

Yann août 6, 2025 at 10:11 pm

L’automatisation rendrait leurs actes frauduleux visibles et accessibles à tous, ce qui explique pourquoi ils ne se précipitent pas pour la mettre en place.

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