En 1960, Jean-Marie Lamberton notait déjà que le Cameroun s’engageait sur les chemins de l’indépendance avec un caillou dans sa chaussure : les Bamiléké, qualifiés de « minorité ethnique en proie à des convulsions ». Une formule aussi floue que lourde de sens, mais qui résonne encore dans les cercles politiques d’aujourd’hui.
Plus de soixante ans après, ce « caillou » semble toujours gêner. Car à chaque échéance électorale, à chaque ambition exprimée, une rengaine inquiétante revient : « Un Bamiléké ne sera jamais président ». Le problème n’est plus seulement politique, il est devenu systémique, enraciné dans les préjugés, porté parfois par des personnalités censées incarner la sagesse ou l’unité nationale.

Faut-il donc que ce PEUPLE méprisé et martyriser crée son propre pays pour exister politiquement ? Ou doit-il se contenter de participer au développement du Cameroun sans jamais prétendre à le diriger ? Peut-on continuer à exiger sa contribution fiscale, ses sacrifices, son énergie entrepreneuriale, tout en lui refusant la légitimité politique ?
Cette discrimination insidieuse alimente un climat dangereux. Et si demain, par désespoir, certains en venaient à rejoindre les sirènes de la sécession ou à réclamer une autonomie politique, qui oserait les blâmer ? Le refus d’intégration politique égalitaire crée toujours, à terme, des frustrations identitaires aux conséquences imprévisibles.
Il est temps que le Cameroun soigne cette plaie qu’il traîne depuis ses débuts. Car un pays qui marche avec un caillou dans sa chaussure ne va jamais loin.
Hilda NJILLA

1 comment
Qui a dis ca?
On envoie des flèches a tous les tribalistes