À QUOI AURA DONC SERVI CETTE ÉLECTION ?
Des milliards engloutis, une nation fracturée, des tensions croissantes et des morts évitables. Alors que l’on attend encore la proclamation officielle des résultats, une question s’impose : cette élection valait-elle vraiment le prix payé ? Certains avaient averti : sans refonte consensuelle du système électoral, voter ne ferait qu’ajouter du chaos à la confusion. Ils avaient raison.
Une chronique de Hilaire NGOUALEU HAMEKOUE
« Quand on sait où mène une route, on choisit de l’emprunter ou non. » Cette élection présidentielle, comme les précédentes, avait tous les ingrédients du désastre annoncé. Un code électoral décrié, une instance électorale jugée partiale, un Conseil constitutionnel aux allures de paravent légal… Et pourtant, on y est allés, encore une fois, comme si l’obstination suffisait à créer la légitimité.
Des milliards de nos francs CFA dévalués ont été mobilisés pour organiser un scrutin dans lequel une bonne partie des électeurs n’avait déjà plus foi. Des tensions communautaires ont été ravivées, parfois volontairement, à coups de provocations, d’intox et de discours clivants. À Douala, Dschang, Garoua ou Kousseri, les scènes d’émeutes et de répression ont remplacé les débats d’idées. Des sièges incendiés, des vies perdues. Pour quoi ? Pour qui ?
Il est trop tôt pour oublier, mais assez tôt pour comprendre : on ne peut pas construire la paix sur une fraude institutionnelle. Et ce n’est pas une proclamation de résultats, aussi solennelle soit-elle, qui changera cette vérité. Les signaux étaient clairs, mais nous avons préféré faire semblant, encore une fois.
Nul n’est prophète en politique, mais les hommes de cœur savent prévoir des situations difficiles et trouver des solutions pour éviter le pire
Ruben UM NYOBE dixit !
