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LE TRIBALISME S’ARRÊTE AU PIED DU LIT

Au pays de Mongo Faya, on crie au tribalisme à chaque coin de rue, mais on soupire d’amour dans des langues qu’on ne parle même pas. On refuse au voisin le droit d’être chef, mais on lui donne la permission d’être… beau-père. Oui, car pendant que les discours de haine pleuvent en journée, les alliances se nouent la nuit — sous les draps, sans débat.

C’est curieux, ce tribalisme qui fait la grimace au marché, mais qui sourit au mariage. On ne veut pas de “l’autre” à la mairie ou au ministère, mais on le veut bien au salon… familial. On interdit au Bamiléké de gouverner, mais pas d’épouser sa fille. On soupçonne le Haoussa de comploter, mais on partage volontiers sa sauce jaune le dimanche.

Au fond, ce pays est une vaste pièce de théâtre : chacun y joue un rôle tribal, mais le scénario réel est souvent conjugal. Béti, Bassa, Bamoun, Douala, Tikar, Arabes-choas… tous mêlés dans les mariages, les familles recomposées, les alliances discrètes. Un tribalisme de façade, qui fond à la chaleur du matelas.

Le Kamerunais est tribal à midi… et universaliste à minuit.

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