Kenajanou – Parlons ville, vivons urbanisme
Uncategorized

PROFESSION OU CHARGE:

Le couple présidentiel a accompli son devoir civique sous les caméras. L’image, en apparence anodine, a livré une information aussi symbolique que crue : sur la carte nationale d’identité du chef de l’État, la profession indiquée est « Président de la République ». Quant à son épouse, elle est officiellement « épouse du président ». Une révélation qui sonne comme un aveu : ici, le pouvoir est un métier. Et le couple présidentiel, une institution.

Profession : Président

Ce 12 octobre 2025, alors que le président Paul Biya et son épouse Chantal se présentent pour voter, un détail attire l’attention. Un journaliste dévoile — sans doute par excès de zèle — les cartes d’identité du couple présidentiel. Sur celle du chef de l’État, élu pour la première fois en 1984 et reconduit sans interruption depuis, on peut lire : « Profession : Président de la République ».
Le message est limpide : au Kamerun, la fonction présidentielle n’est plus une charge temporaire liée au suffrage, mais une identité, un métier, un statut permanent. « Le pouvoir ne se conquiert plus, il s’hérite de soi-même », souffle un observateur acerbe de la scène politique Kamerunaise.

Une Première Dame… à profession institutionnelle

Encore plus surréaliste : sur la pièce d’identité de Chantal Biya, figure comme profession : « épouse du président ». Un détail qui aurait pu prêter à sourire si le contexte n’était pas aussi sérieux. Cette mention consacre la pérennisation d’un rôle qui, dans d’autres républiques, reste protocolaire et informel.

Dans un pays où des millions de femmes luttent pour la reconnaissance professionnelle, ce choix envoie un message paradoxal : la meilleure « carrière » pour une femme serait d’épouser le pouvoir.

La défaite impossible ?

À travers cette double révélation, l’idée même d’une alternance devient une chimère. Comment croire que quelqu’un peut être battu à une élection alors qu’il se définit lui-même comme « président » par essence, par fonction, par état civil ? La présidentielle n’est plus un enjeu, mais une formalité.
Comme l’a si bien dit Aimé Césaire : « Quand un peuple n’a plus de gouvernants mais des possédants, il cesse d’être gouverné, il est exploité. »

Le pouvoir comme héritage, non comme mandat

Ce moment banalement capté dans un bureau de vote devient alors un acte politique à part entière. Il confirme une réalité : Paul Biya ne fait pas campagne pour gagner, mais pour durer. Et ceux qui espèrent encore une surprise dans les urnes devraient se souvenir qu’on ne bat pas une profession aux élections.

En démocratie, le pouvoir se conquiert et se transmet. Mais au Kamerun, il semble désormais que le pouvoir se conserve comme un état civil — jusqu’à ce que mort s’en suive… ou que l’histoire tranche.

Related posts

VOTE ET TAIS-TOI !

kenajanou

LES AFFAMÉS DEVANT UN PANIER DE FRUITS POURRIS

kenajanou

À QUOI AURA DONC SERVI CETTE ÉLECTION ?

kenajanou

Leave a Comment

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

Privacy & Cookies Policy