PRÉSIDENTIELLE 2025 : L’ABSENCE SINIFICATIVE DES REPRÉSENTANTS DES CANDIDATS
Alors que l’élection présidentielle se déroule sous haute surveillance, un déséquilibre inquiétant s’installe dans les bureaux de vote : l’absence massive des représentants de candidats de l’opposition. Un vide qui pourrait. servir de carburant pour la fraude et peser lourd dans la balance démocratique.
Une chronique de Hilaire NGOUALEU HAMEKOUE
Une logistique en place, mais un maillon faible
Urnes, isoloirs, bulletins de vote, encres indélébiles, listes électorales… tout semble prêt pour garantir un scrutin transparent. Mais au-delà des apparences, un détail dérangeant saute aux yeux : l’absence quasi-totale des mandataires des partis d’opposition dans les bureaux de vote.
Dans le 3e arrondissement de Douala, le constat est alarmant. Sur les 14 personnes théoriquement prévues par bureau – président, représentant de l’administration, et 12 mandataires des candidats – la majorité des bureaux en comptent à peine 5. Résultat : le RDPC, avec ses représentants bien présents, bénéficie de facto d’un contrôle du processus dans la plupart des centres de vote.
Un déséquilibre flagrant et dangereux
Dans cette configuration, le parti au pouvoir est surreprésenté avec jusqu’à trois personnes effectives dans le bureau (président, administration et son propre mandataire), tandis que l’ensemble de l’opposition est réduite à un ou deux observateurs… quand ils sont présents.
Ce vide est tout sauf anodin. En l’absence de contrepoids dans les bureaux de vote, le contrôle du scrutin devient un jeu d’enfant pour ceux qui en maîtrisent les rouages. L’opposition, en ratant ce rendez-vous crucial avec l’organisation, se tire une balle dans le pied.
Un terrain miné pour la transparence
Les représentants des candidats ont pour rôle de veiller à la régularité du vote, à la sincérité du dépouillement et à la rédaction fidèle des procès-verbaux. Leur absence ouvre la porte aux abus, aux erreurs volontaires ou non, et au tripatouillage en toute impunité.
Comme le disait si bien Thomas Sankara : « Un peuple sans conscience politique est un peuple sans avenir. » Faute d’avoir investi dans cette vigilance minimale, certains candidats semblent avoir abandonné leur sort à la bonne foi du système… un pari risqué.
La démocratie ne se défend pas à distance
Ce scrutin rappelle brutalement que l’élection ne se joue pas que dans les discours ou les réseaux sociaux, mais dans les salles de classes poussiéreuses transformées en bureaux de vote. C’est là que se fabrique la vérité des urnes. Y être absent, c’est abandonner la partie avant même qu’elle ne commence.
Et dans ce vide, le soupçon s’engouffre… avec le risque que les résultats à venir soient entachés d’illégitimité. À défaut d’avoir les moyens de contrôler, l’opposition se doit au moins de témoigner. Ne pas le faire, c’est perdre doublement : dans les chiffres… et dans l’honneur.
