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PRÉSIDER SANS PRESENCE

Ce lundi, 27 octobre 2025, le Conseil Constitutionnel a proclamé les résultats de l’élection présidentielle. Dans une salle pleine de décorum mais vide de symboles républicains, les absences ont davantage parlé que les chiffres annoncés. Où étaient les piliers de l’État ? Et surtout, pourquoi personne ne pose la question ?

Un trône sans couronne

La cérémonie de proclamation devait être un moment solennel. Elle fut… étrangement orpheline. Ni le président-candidat fraîchement « réélu », ni le président du Sénat (deuxième personnalité de l’État), ni celui de l’Assemblée nationale (troisième), ni même le président du Conseil économique et social — décédé, soit, mais toujours pas remplacé — n’ont daigné faire acte de présence.

Certes, Issa Tchiroma, arrivé officiellement deuxième, avait annoncé son absence par cohérence avec sa contestation. Mais l’absence des autres, les grands silencieux du pouvoir, laisse perplexe.

Une victoire sans témoins ?

Dans une république normale, cette proclamation est un moment de triomphe républicain. Au Kamerun, elle s’est transformée en opération discrétion. Pourtant, le dispositif sécuritaire, lui, était bien en place. Comme si on redoutait plus la présence du peuple que celle des dignitaires.

Un adage du peuple dit : « Même pour un faux mariage, on invite la famille. » Ici, il semble qu’on ait préféré éviter les regards gênants. Peut-être parce qu’au fond, personne ne veut être associé à un scénario qui s’essouffle ?

Une gouvernance par procuration ?

Ces absences ne sont pas anodines. Elles annoncent peut-être une gouvernance encore plus recluse, où les décisions se prennent ailleurs, sans les institutions visibles. Ce régime fonctionne-t-il encore avec des têtes ou seulement des signatures ? Le pouvoir, désormais, semble s’exercer par délégation, par silence ou par dissimulation.

Un pays à distance

Le plus grave, ce n’est pas que les personnalités étaient absentes. C’est que leur absence n’a choqué personne. Ni les médias officiels, ni les observateurs internationaux, ni même certains opposants devenus si modérés qu’on les confond avec le décor.

Quand un pouvoir ne se montre plus même dans ses moments de gloire, c’est peut-être parce qu’il sait que plus personne n’y croit.
Et un pays qu’on dirige à distance finit toujours par prendre ses distances avec ceux qui le dirigent.

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