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FONDATEUR DE QUOI ET POUR QUOI AU JUSTE ?

À défaut de répondre aux vraies questions que soulève la dernière présidentielle, certains préfèrent dépoussiérer le dossier — déjà classé — de la fondation du MRC. Une diversion bien huilée, qui évite de parler de ce qui dérange vraiment : la vacuité démocratique. Mais qu’on ne s’y trompe pas : cette chanson-là est rayée, et elle ne fera danser que les distraits.

Débat ou diversion ?

Alors que l’opinion tente encore de donner un sens à une élection dont l’issue était écrite d’avance, voilà qu’on nous ressort un sujet secondaire comme un os jeté à des chiens fatigués : « Qui a fondé le MRC ? »
La réponse est pourtant connue, claire, documentée : le MRC a été fondé en 2008 sous le nom de MRP par le Dr Okala Ebode et le Prof Alain Fogué. En 2012, il change de nom pour devenir MRC. Ce changement fut une mutation statutaire, pas une nouvelle création.
La convention de 2012, contrairement à ce que certains laissent entendre, n’était pas constituante mais élective. Rien de mystérieux.

Et si on parlait du RDPC ?

À ce jeu-là, toutes les formations politiques peuvent être revisitées. Le RDPC par exemple, prétendument fondé en 1985 par le président actuel, n’était en réalité qu’une mutation de l’Union nationale camerounaise (UNC), elle-même née de l’Union camerounaise (UC), qui avait succédé en 1958 au Bloc démocratique camerounais (BDC) fondé, lui, en 1951 par… Louis-Paul Aujoulat.
Faut-il dès lors remettre en cause la légitimité de ceux qui sont à sa tête aujourd’hui ? Bien sûr que non. Ce qui compte, ce n’est pas l’acte de naissance, c’est ce que fait l’enfant devenu adulte.

Une vieille ficelle pour un peuple à l’écoute

Ce retour soudain du débat sur les « vrais fondateurs » a un parfum de manipulation. Un timing trop parfait. Juste après une présidentielle contestée, dans un climat où le doute sur l’efficacité du vote ronge les esprits.
On ne parle plus de transparence électorale. On ne parle plus du coût de la résignation. On préfère agiter une querelle statutaire comme diversion.
Mais le peuple n’est plus aussi distrait qu’on le pense. Il sait que ce débat n’a qu’un objectif : délégitimer sans débattre.

« Fondateur » n’est pas « sauveur »

Être fondateur n’est ni un brevet de lucidité, ni un certificat d’immunité. L’histoire politique mondiale est remplie de fondateurs dévoyés, dépassés ou oubliés.
L’essentiel n’est pas dans la paternité, mais dans le projet. Ce que les militants attendent, ce n’est pas de savoir qui a coupé le cordon ombilical, mais qui élève l’enfant, qui le nourrit, qui le fait marcher.

Changez de disque

Ce débat est vieux. Usé. Poussiéreux. Et surtout, inutile.
Il ne répond pas aux attentes de ceux qui se battent chaque jour contre le chômage, la vie chère, la répression, la corruption.
Si ceux qui l’agitent pensent affaiblir un adversaire, ils ne font en réalité que confirmer une chose : le vide idéologique du camp d’en face.
Alors à tous les faiseurs de faux débats : changez de disque. Celui-ci saute à chaque phrase.

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