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DOUALA S’EST RÉVEILLÉE

Le 6 novembre 2025, Douala s’est remise à respirer après plusieurs jours de villes mortes. L’image d’une capitale économique en hibernation volontaire a montré que le pays n’était pas mort, mais malade. Très malade. Et ce n’est ni les intimidations des autorités, ni les montages grossiers sur la toile, venus des deux camps, qui pourront falsifier cette réalité. À chacun maintenant de tirer les leçons.

Une ville pas morte, mais en veille

La paralysie de Douala n’était pas un fait de hasard, encore moins un simple mot d’ordre. C’était un acte politique silencieux. Une réponse sociale à une frustration collective. Et le matin du 6 novembre, lorsque les klaxons ont de nouveau résonné et que les rideaux de boutiques se sont relevés, on a vu un peuple qui n’avait jamais disparu. Il s’était mis en retrait, pour protester autrement.
« Le silence d’un peuple est parfois plus tonitruant que les discours de ses dirigeants. »

Les intimidations et la propagande ne changeront pas les faits

Dans un effort désespéré de « contrôle de la narration », le pouvoir a sorti la vieille artillerie :

  • interdictions de manifestation,
  • scellage de boutiques,
  • menaces administratives,
  • déploiement massif de forces de maintien de l’ordre.

Mais surtout, la guerre numérique.
Des vidéos trafiquées, des images sorties de leur contexte, des montages ridicules ont inondé les réseaux sociaux. Les partisans du pouvoir comme ceux de l’opposition ont rivalisé de manipulations, croyant que l’opinion publique se forge à coup de deepfakes. « La vérité ne se trafique pas, elle revient toujours au galop — souvent plus vite que les convois de gendarmes. »

À quoi bon gouverner un peuple que l’on ne veut pas écouter ?

Les manifestations, les villes mortes, les dénonciations sont autant de symptômes. Ce ne sont pas des caprices, mais des cris. Refuser de les entendre revient à gouverner dans le vide. Le retour à la « normalité » n’est pas une victoire. Il n’y a pas de paix dans le silence imposé.

Le refus d’accepter les contestations n’efface pas les problèmes : insécurité électorale, exclusion politique, pauvreté, inégalités criardes. Le gouvernement doit écouter. L’opposition doit se réinventer. Et le peuple, lui, a déjà compris.

L’heure est venue de sortir de la comédie

Les Kamerunais ne sont plus dupes. Ils voient clair dans les discours vides, les montages ridicules et les intimidations stériles. La rue n’est pas un ennemi, elle est un thermomètre. Et ce que le thermomètre dit aujourd’hui, c’est que le Kamerun est en fièvre.

Il est temps de cesser de jouer avec les allumettes dans une maison pleine de gaz. Il est temps de réécrire le contrat national sur des bases saines, sincères et équitables. Sinon, comme le dit le proverbe Fe’Fe’ :
« La femme qui veut cacher son sexe à tout le monde ne peut accoucher. »
Et à force de cacher les vrais problèmes, ce pays risque d’exploser en silence.

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