Une chronique de Hilaire NGOUALEU HAMEKOUE
Au Kamerun, l’histoire politique semble condamnée à bégayer. Depuis 2004, l’UPC des fidèles, force politique marginalisée, tirait déjà la sonnette d’alarme : aucune alternance n’est possible sans réforme profonde du système électoral. Cette prise de conscience fut douloureuse, d’autant plus que la candidature de leur leader, Dr Samuel Mack-Kit, avait été arbitrairement invalidée. Face à ce verrouillage, six conditions étaient alors posées comme préalables à toute élection sérieuse : 1. Une Commission Electorale Nationale Indépendante; 2. La majorité électorale à 18 ans; 3. Les candidatures indépendantes des partis politiques; 4. Le vote effectifs des kamerunais de la diaspora.; 5. Au moins 12 millions d’inscrits sur la liste electorale; 6. Le scrutin majoritaire à deux tours.
Dix ans plus tard, des forces sociales et politiques rejoindront l’UPC pour porter le flambeau via Stand Up For Cameroon. Leur proposition pour refonder la République sur des bases saines. Un projet ambitieux, structuré, visionnaire : Le socle des revendications sera elargi en une transition politique, avec à la clé une refondation institutionnelle : dialogue national, constituante, refonte électorale, référendum, élections générales…

Symbolisme électoral verrouillé
En face, certains ont répondu : « D’abord prendre le pouvoir par les urnes, on verra après. » Sauf qu’après, il n’y a jamais eu d’« après ». Seulement le même scénario, avec les mêmes acteurs, dans la même salle de théâtre politique aux rideaux jamais levés.
Et chaque échéance électorale est devenue un festival de frustrations. Les bulletins tombent dans l’urne comme des bouteilles à la mer. On vote, on espère, on pleure. Puis on recommence.
À croire que certains opposants aiment perdre. Mieux : ils ont transformé la défaite en stratégie. Parce qu’après tout, dans cette démocratie tropicale, il vaut mieux jouer au figurant rémunéré dans la pièce du régime que de risquer de réécrire le script.
Et pendant que le peuple attend un miracle dans les urnes verrouillées, le système, lui, ne change pas une virgule… mais il encaisse tous les dividendes.
