Un billet de Hilaire NGOUALEU HAMEKOUE
À la question du journaliste : « Comment avez-vous trouvé le président ? »
La réponse de l’ambassadeur de France a été sans appel : « Je l’ai trouvé… conscient. »
Ah bon ?! Et voilà qu’un ambassadeur découvre l’eau tiède en 2025. Fallait-il préciser qu’il ne l’a pas trouvé inconscient, comateux ou en état second ? À ce rythme, on s’attend à ce qu’un autre diplomate nous confie, les yeux brillants : « Il respirait encore ! » Ou : « Il m’a regardé dans les yeux, c’était… vivant ! »
Mais au fond, peut-on vraiment lui en vouloir ? Dans un pays où l’opinion publique n’a même plus droit à une image fraîche et récente du chef, et où les rares apparitions frôlent le mystique, on finit par considérer qu’un froncement de sourcil est un discours. Alors, « conscient », c’est presque un miracle.
À ce stade, ce n’est plus de la diplomatie, c’est de la nécromancie.
