Kenajanou – Parlons ville, vivons urbanisme
Uncategorized

VOTE ET TAIS-TOI !

Au pays du silence imposé, il vaut mieux dribbler la politique que l’affronter. Chaque personnalité qui ose une opinion — ou pire, une neutralité — devient cible. exprimer une opinion politique est devenu une prise de risque. Après Samuel Eto’o, Karesse Fotso et aujourd’hui Francis Ngannou, le tribunal populaire des réseaux n’épargne personne. L’intolérance politique est-elle en passe de devenir notre seule idéologie nationale ? Pendant ce temps, en Europe, des milices idéologiques s’affrontent par artistes interposés. Le patriotisme est devenu un terrain de chasse, où l’on tire à vue sur ceux qui pensent autrement.

La nouvelle hérésie : avoir un avis

Samuel Eto’o, au sommet du foot africain, traîne comme un fardeau son soutien passé à Paul Biya. Peu importe ses performances ou ses combats pour la FECAFOOT, pour certains, il ne sera jamais qu’un « vendu du système ».
Karesse Fotso, chanteuse engagée est insultée, traitée de tous les noms. Il se dit que née à Yaoundé, elle a vendu la tribu en votant le changement.
Et voilà Francis Ngannou, champion au parcours exemplaire, lynché et crucifié pour avoir simplement dit :
« Je ne fais pas de politique. »
Trop neutre pour certains, pas assez engagé pour d’autres. En clair : coupable de n’avoir rien dit ou pas dit comme on voulait.

« Dans ce pays, la seule liberté tolérée, c’est de penser comme les autres », soupire un internaute.

Le lynchage devient stratégie politique

Exprimer un choix politique au Kamerun, c’est comme jouer à la roulette russe.
Sur les réseaux, une horde surexcitée s’est autoproclamée police de la pensée. Intellectuels, artistes, journalistes : tous passent à la moulinette. L’opinion différente est vue comme une trahison.
« Ce n’est plus du militantisme, c’est du dressage collectif », ironise un sociologue.

La guerre des brigades : patriotes contre sardinards-basilards

En Europe, deux blocs s’affrontent : la Brigade Anti Sardinards, qui traque le régime, et une Brigade dite de patriotes alias Anti Tontinards, qui riposte en assimilant BAS, MRC et communauté bamiléké dans un même sac d’ennemis. Ils vont jusqu’à publier des listes d’artistes « à boycotter », accusés de « tribalisme masqué ».
« Si tu t’appelles Fotso ou Tchatchouang, tu dois montrer patte blanche », résume un observateur.

Le boycott culturel devient arme ethno-politique

Des concerts annulés, des artistes menacés, des festivals perturbés. Non plus pour ce qu’ils chantent, mais pour ce qu’ils représenteraient. Une consigne circule : “Ne soutenez plus les artistes bamiléké, ce sont des infiltrés”.
La culture devient champ de bataille, et les artistes, dommages collatéraux d’une guerre par procuration.

Journalistes et influenceurs traqués à vue

Des journalistes indépendants, ou simplement modérés, sont désignés à la vindicte. Ils ne dénoncent pas assez, ou dénoncent mal. La BAS les classe parmi les ennemis. La Brigade patriotique les accuse d’être des taupes du MRC.
« Si tu parles, tu meurs. Si tu te tais, tu meurs. Alors parle… et on te tue », résume un chroniqueur.
Nous rêvons de démocratie mais nous pratiquons la lapidation idéologique.

Le Kamerun ne doit plus être patrie des patriotes autoritaires

À force de faire de la politique un champ miné, on y enterre le débat, la tolérance… et nos talents. Un pays ne se construit pas en détruisant ses artistes, ses sportifs, ses penseurs. Une nation qui détruit ses icônes pour des opinions politiques est une nation en guerre contre elle-même.
Le pays se construit en acceptant que l’unité n’est pas l’unanimité.
Quand penser devient dangereux, c’est le silence qui gouverne.
Et une nation gouvernée par la peur finit toujours par s’effondrer. Et si on respirait un peu… avant de hurler ?

Related posts

1ER FÉVRIER 1962.

kenajanou

14 FEVRIER : L’AMOUR SOUS CELLOPHANE

kenajanou

Fitness Tips – How much exercise you need to be healthy

kenajanou

Leave a Comment

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

Privacy & Cookies Policy