La démission de Maurice Kamto du MANIDEM, rendue publique ce 12 septembre 2025, vient relancer un débat aussi absurde qu’indécent : pourquoi une loi électorale oblige-t-elle un homme politique à jouer à la chaise musicale dans des formations qui ne sont pas les siennes ? Le peuple Kamerunais mérite mieux que cette farce institutionnalisée.
Une chronique de Hilaire NGOUALEU HAMEKOUE
Par huissier, s’il vous plaît ! Maurice Kamto a officiellement quitté le MANIDEM. Bien évidemment, cela ne surprend personne. Toutefois cet événement qui, à lui seul, illustre le ridicule d’un système politique incapable d’offrir une voie digne à ceux qui veulent concourir à la gestion des affaires publiques. Ce n’est pas un secret : les leaders de l’opposition, faute d’un code électoral juste, doivent trouver refuge dans des partis « reconnus », même s’ils n’en partagent ni l’histoire ni la ligne idéologique.
Ce bricolage légal est le produit d’une loi électorale verrouillée, taillée sur mesure pour empêcher l’émergence de nouveaux courants politiques hors du système établi. Une loi qui, loin d’organiser la compétition démocratique, l’étouffe.
Mais au fond, quel problème cette loi était-elle censée résoudre ? Celui de la fraude ? De l’instabilité ? Du multipartisme sauvage ? Rien de tout cela. Elle n’a qu’un seul objectif : perpétuer un système où l’on choisit ses opposants comme on choisit ses figurants dans une pièce de théâtre.
Quand une loi électorale oblige à ces contorsions humiliantes, ce n’est plus de démocratie qu’il s’agit, mais de simulacre. Il est temps que les Kamerunais exigent une réforme en profondeur, qui mette fin à ces mascarades. La politique n’est pas un cirque. Le peuple n’est pas un public passif.
Vivement la transition !

