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KAMTO, COUPABLE IDÉAL OU OBSESSION NATIONALE

Image du president du MRC

Dans une précédente chronique, nous nous étonnions du fait que le fantôme de Kamto continue de hanter certains esprits. A quelques jours du scrutin, rien à faire. Le temps passe et les rôles sont maintenus. Absent des bulletins de vote, mais omniprésent dans les débats, Maurice Kamto continue de hanter la scène politique kamerunaise. Plus qu’un homme politique, il est devenu un révélateur des contradictions d’un système à bout de souffle.

Depuis 2018, le Kamerun semble frappé d’un étrange syndrome : l’ubiquité kamtoïenne. Qu’il parle ou se taise, qu’il agisse ou s’abstienne, l’ancien ministre démissionnaire, professeur de droit et président du MRC, est désigné coupable par défaut — de tout, de rien, de ce qui va mal, et même de ce qui aurait pu aller mieux.

Quand il décide, contre l’avis d’une partie de l’opposition de compétir pour la présidentielle de 2018, on lui attribue les épithètes. Quand plus tard il décide de ne pas participer aux législatives de 2020, on le traite d’arrogant. Quand il appelle à voter en conscience pour 2025, on l’accuse de fuir ses responsabilités. Quand la coalition de l’opposition échoue, il devient l’obstacle invisible. Quand des candidats montent dans les sondages, c’est qu’ils auraient dû être adoubés par lui. Quand Paul Biya se représente, certains y voient encore la faute à Kamto. À ce rythme, s’il pleut pendant le scrutin, il sera responsable de la météo.
Mais pourquoi lui ? Peut-être parce qu’il incarne, à tort ou à raison, l’espoir de beaucoup. Peut-être est-il le seul transfuge du système qui a osé revendiquer une victoire. Peut-être parce qu’il connaît mieux le milieu et ses réseaux et a refusé de courber l’échine, aussi bien devant l’état que devant les deals politiques de coulisse. Peut-être parce que, même hors jeu électoral, il reste la boussole morale d’une frange importante de la population.

Kamto, quoi qu’on pense de lui, est devenu bien plus qu’un homme politique. Il est devenu le miroir d’un pays qui cherche un coupable, parce qu’il n’ose pas encore regarder les vrais responsables.

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