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ÉLECTIONS A UN TOUR : LE PIÈGE SE REFERME, LE CITOYEN VACILLE

À trois semaines de la présidentielle, l’opposition dite modérée navigue en désordre. Aucun candidat unique. Aucune stratégie cohérente. Pendant ce temps, une autre frange de l’opposition – longtemps marginalisée – observe, amère : cela fait des années qu’elle dit que le système ne se change pas par les urnes. L’histoire semble lui donner raison.

Maurice Kamto ne sera pas candidat. Écarté par ELECAM, confirmé par le Conseil constitutionnel, il laisse derrière lui un électorat frustré et une opposition déchirée. Les 11 candidats en lice, censés incarner le « changement », ne se sont pas entendus. Pire : les micro-consensus annoncés à grand bruit s’effondrent les uns après les autres.

Dans cette confusion, une vérité remonte à la surface : le système électoral Kamerunais est conçu pour perpétuer le statu quo. Et cela, Paul Biya le sait. Mais le CPP, L’UPC-MANIDEM , ou encore certaines personnalités comme Aboubakar Siddiki, Le Mouvement Stand Up For Cameroon… l’avaient dit bien avant que le système ne l’illustre lui-même. Ils affirmaient que tant que l’architecture institutionnelle, ELECAM, et le Conseil constitutionnel restaient sous contrôle présidentiel, parler d’alternance était une illusion. Ils avaient proposé une transition comme solution.

On les appelait radicaux. On les accusait de sabotage. Pourtant, que reste-t-il aujourd’hui ? Une élection à un tour, des candidats divisés, un électorat orphelin, et un boulevard pour le candidat du pouvoir. Kamto était perçu comme l’unique figure capable de fédérer l’opposition dite républicaine. Sans lui, l’édifice se fissure. L’offre politique alternative devient illisible pour ce camp.

Pour les électeurs du changement, le dilemme est cruel. Voter pour un candidat de second plan ? Boycotter au risque de s’effacer totalement du processus ? Ou accompagner un système en espérant le dérégler de l’intérieur ? Trois impasses. Aucune ne semble porteuse d’une dynamique populaire.

Les partisans du changement se réveillent en terrain miné. La voie des urnes, présentée comme l’option noble et légale, semble avoir été transformée en piège contrôlé. Et pendant que les candidats s’accrochent à leurs ambitions personnelles, le citoyen lucide, lui, réalise peut-être trop tard que la vérité était déjà connue : on ne renverse pas un régime par un jeu qu’il a lui-même écrit, arbitré et verrouillé.

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