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SPECTACLE PROGRAMMÉ

Après des mois de clash, d’injures et de combats d’estrade, Samuel Eto’o Fils a été réélu — sans surprise — à la tête de la Fecafoot pour un mandat de quatre ans. Le décor, les rôles, le scénario… tout était déjà en place. Et pendant que le public regardait le duel apparu, les coulisses scellaient le verdict. Mais à qui profite vraiment ce show ?

Le huis-clos d’avance

Quand le résultat d’une élection est connu avant même que le vote soit déroulé, l’élection se transforme en simple formalité. Mêmes soutiens, mêmes calculs, mêmes intérêts. Que l’on débatte, s’insulte ou se bagarre — ça nourrit le show.
Le Premier ministre le savait, mais il a joué le jeu. Le ministre — professeur de droit — aussi, mais il a tenu jusqu’à l’humiliation. Tous deux l’ont regardé venir. Mais c’était trop tard. Le tapis était déroulé. Le ballon, déjà dans les mains de celui qu’on avait choisi.
« On a beau changer le décor, si les ficelles restent les mêmes, le spectacle est truqué. »

Le faux duel, le vrai marché

Entre le ministre des Sports et Eto’o, on évoque un duel. On parle de rivalité, de camps qui s’opposent. Mais qu’ont-ils réellement ? Un deal tacite. Un marché bien ficelé. Deux fils du système, jouant le même rôle : calmer les esprits du dehors, laisser croire au conflit, pendant qu’à l’intérieur tout est verrouillé.

Le vrai combat n’est pas sportif. Il n’est pas démocratique. Il est commercial — intérêts, influence, pouvoir. Et le peuple, lui, regarde les gestes, applaudit, hurle — pendant que d’autres comptent les points.

Divertir pour asseoir — la distraction comme pouvoir

Ce système a trouvé un art : le divertissement comme exutoire collectif. Pendant que les supporters débattent, s’insurgent, espèrent… les vraies décisions se prennent ailleurs. Dans des bureaux cadenassés. Avec des signataires triés sur le volet.

Le foot est devenu une télévision : bruit, passion, passion, encore du bruit.
Mais pas un souffle de démocratie — juste l’écho d’un public bien dressé. « Si tu contrôles les cris, tu contrôles les foules. »

Quand le verdict se passe en coulisses

L’élection de la Fecafoot n’est pas un concours de popularité. C’est un casting. Les candidats sur la scène sont choisis — mais ce ne sont pas eux qui emportent la statuette. Ceux qui décident ne montent jamais. Ceux qui montent ne décident jamais.
Le vote n’est qu’un confirmatif, une caution populaire, un répéteur d’un jugement qui a déjà eu lieu.

Quand le ministre et le président se glissent dans le même costume, le reste n’est que bruit de fond. Et le peuple, lui, croit qu’il participe. Il applaudit. Il crie. Il s’épuise. Mais il ne compte pas.

Le vrai match ne se joue pas sur le terrain — il se joue dans la conscience

Une démocratie ne se bâtit pas avec des applaudissements. Elle se construit avec des règles claires, des institutions respectées, des acteurs responsables.
Quand un spectacle est programmé, les tribunes peuvent être pleines, les cris nombreux — rien ne remplacera la validité d’un vote libre. Rien ne réparera le constat d’un jeu truqué.

Demain, ils recommenceront. Avec un autre nom. Une autre promesse. Un autre casting.
Mais le vrai vainqueur ne sera jamais le pays. Ce sera toujours… le système.
Et si le Kamerun veut vraiment gagner, il devra d’abord sortir des gradins, refuser le scénario et réclamer… un arbitre. Un vrai.

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