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QUAND LES MOTS TUENT L’ESPOIR

La présidentielle 2025 passée, les regards se sont tournés vers la fameuse « communauté internationale », ce juge invisible et silencieux que beaucoup invoquent comme recours ultime. Mais à la place d’un engagement clair, c’est une pluie de formulations diplomatiques creuses qui tombe. Et pendant ce temps, le peuple saigne.

Quelques Kamerunais croyaient naïvement que face à l’ampleur des contestations, à la clameur de la rue, aux morts qui s’empilent, aux journalistes agressés, aux procès-verbaux contestés, la « communauté internationale » se lèverait enfin pour dire le droit, exiger la vérité, refuser la mascarade. Mais non. Elle a préféré sa spécialité : le verbe vague, le langage flou, les tournure ambivalentes.

Certains félicitent le gagnant proclamé, d’autres prennent note de la situation, d’autres prennent acte… quelques-uns regrettent des incidents ou encouragent toutes les parties à privilégier la paix et le dialogue. Une neutralité apparente qui, dans les faits, sonne comme une trahison. Parce que quand on se tait devant l’injustice, on l’approuve. Et quand on enveloppe la souffrance populaire dans un langage diplomatique, on devient complice.

« Prendre acte d’une tragédie, c’est déjà y participer. »

Ceux qui espéraient que l’ONU, l’UA, l’UE ou d’autres institutions s’érigeraient en arbitres objectifs réalisent peu à peu que l’arbitre regarde d’abord où se situe son intérêt. Et tant que les ressources circulent, que les accords économiques sont garantis, que les ambassades restent calmes, peu importe le sort du citoyen qui se fait bastonner pour avoir osé réclamer la vérité des urnes.

Cette crise rappelle cruellement que la diplomatie internationale est un théâtre d’ombres. Un espace où l’on sacrifie la justice sur l’autel de la stabilité. Où l’on confond paix et silence. Où l’on préfère une dictature prévisible à une démocratie incertaine.

Mais le peuple, lui, n’est pas dupe. Il comprend que ceux qui parlent de démocratie dans les discours, mais acceptent les élections truquées dans les faits, ne sont pas des alliés. Il comprend que ceux qui appellent à la paix tout en soutenant ceux qui la piétinent, ne sont pas neutres.

La vraie communauté internationale, c’est nous. C’est le peuple éveillé, qui refuse de mourir dans le mensonge, qui exige que son vote compte, qui n’attend plus qu’on vienne l’aider, mais se lève pour se libérer lui-même.

Comme le disait Frantz Fanon :
« Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. »
Cette génération-là, celle de 2025, semble avoir fait son choix. Qu’elle s’y tienne.

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