La liberté de la presse découle des libertés fondamentales de pensée, de parole, d’expression et d’opinions reconnues. Elle se fonde sur le rôle social qui est dévolu aux médias et aux professionnels de l’information dans une société démocratique.
HISTORIQUE
Le gouvernement camerounais souffle le chaud et le froid en ce début des années 90. Le vent de l’Est apporte trouble dans plusieurs pays africains. Partout on réclame la démocratie. Dans la mouvance, les grèves sont organisées ci et là. Les villes mortes battent leur plein et un vent de liberté souffle sur les institutions. Les partis politiques naissent. Le principal parti d’opposition le Social Democratic Front (SDF) nait dans de violentes douleurs semblables à l’enfantement. Au cours d’une marche pacifique à Bamenda dans la région du Nord-Ouest, marche dite de démocratie où l’ouverture et certaines sont réclamées, la police tire sur la foule à balles réelles, six personnes innocentes sont tuées. C’était le 26 mai 1990. On a appelé ces martyrs de la démocratie « les morts piétinés par balles ». Faisant ainsi référence au reportage du poste national qui attribuait le décès de ces jeunes hommes et femmes à une bousculade qui a dégénéré en panique et que ces morts ont plutôt été piétinés. Or des traces de tirs étaient suffisamment visibles sur les corps. Ce qui a fait dire Antoine Marie Ngono ce 26 mai 1990 sur les antennes du poste national pendant le journal de 13h : que ces morts sont piétinés par balles. Célèbre phrase restée longtemps dans les coulisses journalistiques. Malgré les arrestations de quelques thuriféraires, à l’instar de Me Yondo black, Henriette Ekwe, Anicet Ekani & Compagnie, le président Biya comprend qu’il doit lâcher du lest. Les étudiants entrent dans la danse. L’unique université de Yaoundé est en grève. Celle de Buéa prend le pas aussi. Des groupuscules se forment, auto-défense par-ci, parlement estudiantin par-là. A la crise politique, se substitue la crise de l’éducation avec des graves conséquences. Des morts, des dégâts irréversibles. A Douala Jean Jacques Ekindi conduit la marche de la démocratie. Des cadres du parti au pouvoir vont démissionner pour créer leur parti. Citons entre autres, Albert Nzongang, Jean Jacques Ekindi, même John Fru Ndi du SDF sont tous des transfuges du RDPC Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais. On se souvient de la célèbre phrase du ministre de la communication de l’époque et porte-parole du gouvernement Augustin Kontchou K. à propos des étudiants tués par les forces de l’ordre qui réprimandaient la grève : « il y a eu zéro mort à l’université de Yaoundé ». C’est un vent de panique dans tout le triangle national. L’université éclate donnant naissance à plusieurs autres. Le centre universitaire de Douala devient université avec des facultés. Ainsi de suite dans d’autres chefs lieu de ce qu’on appelait encore province. Et vinrent la suppression de la bourse et l’instauration des frais universitaires.
Tout ce mic mac fait naitre la fameuse Loi de décembre 1990 portant sur les libertés aux associations et partis politiques. A la faveur de celle-ci, des opérateurs économiques s’engouffrent dans la brèche et c’est la naissance des multiples médias de masse. En l’occurrence des radios et télévisions. On assiste aujourd’hui à une floraison de titres d’organes de presse et des organes de communications audio-visuelles.
En dépit de l’épée de Damoclès qui plane au-dessus des médias au Cameroun les promoteurs s’y engouffrent et se contentent de jouir de la tolérance administrative. L’octroi de licences d’exploitations étant une denrée assez couteuse et difficile à obtenir.
Liberté tant attendue, reclamée à cor et à cri et, obtenue au prix du sang de nombreux innocents qu’on est en voie de se demander à quoi cela a-t-elle servi au regard de ce qui se passe. Trente-cinq années plus tard, que peut-on dire de cette lutte marquée de morts qui hante le média sphère du Cameroun ?
Cette ‘’République- des- neveux- des beaux frères- et –des ‘’manyan’’, nous tue a grand feu.
Reste vivifié pour nous Me YONDO BLACK. On a besoin de ton énergie pour tenir/
