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SLOGANS EN TROMPE-L’ŒIL

Dans les rues des grandes villes comme dans les villages reculés, les banderoles de campagne du RDPC se dressent fièrement. Mais derrière les couleurs chatoyantes et les visages souriants, ce sont des messages à double tranchant qui sont brandis. Et ils choquent. Dans une démocratie, une campagne électorale devrait être une promesse d’avenir, un concours de projets, une compétition d’idées. Mais à lire ces banderoles, un malaise grandit.

« Votez le RDPC pour voir vos enfants grandir… », « Votez le RDPC pour que nos mamans continuent leurs activités… ». Voilà les slogans qui circulent. Mais à bien y regarder, ces phrases ont tout l’air de mises en garde voilées. Le sous-entendu est clair : si vous votez autre chose, vous pourriez ne plus voir grandir vos enfants. Vos mamans pourraient ne plus travailler. Menace ? Intimidation ? Ou simple maladresse ? Peu importe : le message est là, glaçant. On n’est plus dans une campagne, mais dans une forme de prise d’otage mentale.

Des slogans qui interrogent l’état du pays

Mais ces slogans ne résistent pas à l’examen de la réalité.
Oui, nos mamans mènent leurs activités – souvent dans la rue, exposées à la poussière, à la pluie, aux policiers, aux accidents, faute de marchés construits ou entretenus par les collectivités publiques, dirigées pour la plupart par ce même RDPC. Elles vendent à la sauvette, s’installent sur les trottoirs, entre les caniveaux et les routes, dans l’espoir de ramener un peu de quoi nourrir la famille.

Et nos enfants grandissent, certes. Mais dans quel environnement ? Sans emploi à l’horizon, sans accès régulier à une éducation de qualité, sans perspectives claires. Ils grandissent comme on vieillit sous un régime d’incertitude, entre résignation et fuite, quand ils ne prennent pas le chemin de l’exil ou de la délinquance.

Grandeur et espérance ou culpabilisation ?

Le slogan officiel du RDPC pour cette présidentielle, « Grandeur et Espérance », sonne comme un contrepoint ironique à ces affiches. Où est la grandeur, quand on promet que l’alternative politique, c’est la mort sociale ? Quelle espérance, quand on continue de faire de la peur un levier électoral, comme si le peuple n’avait ni mémoire, ni discernement ?
Loin d’être un appel au vote libre et éclairé, ces messages s’apparentent à un chantage éhonté : « Votez pour nous ou assumez le chaos ». L’histoire nous apprend que quand un pouvoir en est à ce stade, c’est qu’il n’espère plus convaincre, mais seulement tenir par la peur. Or Ces slogans révèlent surtout une peur : celle de perdre un pouvoir tenu depuis 43 ans. Et face à cette peur, certains préfèrent manipuler les émotions plutôt que de défendre un véritable bilan. Pourtant, comme l’écrivait Aimé Césaire :
« Il n’y a pas de dignité sans liberté, et il n’y a pas de liberté sans choix. »
La démocratie repose sur la liberté de choisir et non sur la peur de changer.

Une stratégie qui infantilise le peuple

Ce type de communication n’est pas seulement maladroit, il est dangereux. Il infantilise les citoyens, en leur refusant toute capacité de jugement. Il instrumentalise leur pauvreté, en la posant comme une menace si jamais ils décidaient de changer.

Il y a là une forme subtile de violence politique. Car dans une véritable démocratie, on gagne par la force de ses idées, pas en invoquant des cataclysmes à venir si l’on n’est pas reconduit. On rassure, on explique, on élève le débat. On ne rabaisse pas l’électeur au rang de simple bénéficiaire de grâce conditionnelle.

Vers une prise de conscience citoyenne

Face à ce climat, la prudence s’impose. Il revient à chaque citoyen de lire entre les lignes, de questionner ce qu’on lui propose, de refuser la peur comme moteur du vote.

Car le vrai danger, ce n’est pas d’essayer autre chose. Le vrai danger, c’est de croire qu’on n’a pas le droit d’essayer. « Quand on veut que les peuples vivent dans la peur, c’est qu’on ne croit plus à la force de son propre discours. » (Albert Camus paraphasé)

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