À quelques jours de la présidentielle 2025, les journalistes Kamerunais ont pris leurs responsabilités. À travers des actions concrètes, le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) a posé les bases d’une couverture professionnelle, équilibrée et responsable du scrutin. Mais, à la grande surprise, cette dynamique vertueuse semble déranger
Une chronique de Hilaire NGOUALEU HAMEKOUE
Dans un contexte électoral souvent marqué par la tension, la suspicion et les manipulations, le SNJC a fait le pari audacieux de la responsabilité. Plutôt que de céder au sensationnalisme ou à la complaisance, le syndicat a opté pour le professionnalisme. Un mémorandum adressé aux candidats, des formations dans les dix régions, une pédagogie sur l’éthique, l’équilibre et la vérification des faits… Tout a été mis en œuvre pour que la presse Kamerunaise soit un acteur crédible du processus électoral.
Partout où les séminaires se sont tenus, les journalistes ont travaillé main dans la main avec ELECAM, les autorités administratives et les représentants de la tutelle. Un rare consensus a semblé se dessiner autour d’un idéal : garantir à l’opinion une information fiable et plurielle pendant toute la période électorale.
Mais voilà que, contre toute attente, le gouvernement, au lieu de saluer cet effort, se crispe. On évoque des “mesures de sécurité”, des “risques de dérapages” et autres prétextes pour restreindre les déplacements des journalistes, conditionner leur accès aux lieux de vote ou encore filtrer les autorisations de couverture.
La peur de la lumière est souvent le propre des systèmes fragiles. En cherchant à contenir les journalistes au lieu de les accompagner, le pouvoir envoie un signal de méfiance inquiétant. Pourtant, une presse libre, formée et responsable est un atout, pas une menace.
À l’heure où les citoyens demandent des élections transparentes et crédibles, le harcèlement des journalistes ne peut être qu’un aveu de faiblesse. Le gouvernement doit choisir : faire confiance à la maturité des professionnels ou risquer de faire le jeu de la désinformation qu’il prétend combattre.
Car, en démocratie, ce n’est pas la presse qui est un danger. Ce sont ceux qui veulent l’étouffer.
