LE POUVOIR ET L’ART DU CALENDRIER PIEGE
Au Kamerun, le calendrier électoral est devenu un véritable outil de manipulation au service du régime en place. Chaque échéance est gérée non pour renforcer la démocratie, mais pour piéger l’opposition et maintenir un statu quo politique. Le dernier coup en date : l’annonce des élections régionales avant les municipales. Une séquence illogique qui soulève des questions.
Une chronique de Hilaire NGOUALEU HAMEKOUE
En 2020, le MRC avait boycotté les élections législatives et municipales. Un choix stratégique, en espérant rebattre les cartes en 2025 si rien ne changeait. Ce calcul reposait sur deux hypothèses : Soit les conditions posées (refonte du système électoral et fin de la guerre dans le West-Kamerun) trouvaient Une solution, soit les municipales et législatives de février 2025 leur permettraient de revenir dans le jeu avec des élus. Mais le régime en place a déjoué ce scénario en reportant les municipales à 2026. Une décision unilatérale, sans consultation, sans justification démocratique.
Pire encore : les régionales, censées être une émanation des municipales, sont désormais fixées au 30 novembre 2025. Pourtant, les conseillers régionaux sont élus par les conseillers municipaux, eux-mêmes supposés être renouvelés… en 2026. On marche sur la tête.
Le régime a compris qu’il peut jouer sur les dates, les textes, les procédures, pour piéger ses adversaires. Ce désordre méthodique cache un objectif clair : neutraliser les forces politiques montantes et verrouiller le processus.
En manipulant le calendrier à sa guise, le pouvoir s’assure que l’horloge électorale ne sonnera jamais l’heure de l’alternance. Mais à trop jouer avec le temps, il pourrait finir par le perdre. Vivement la transition !
