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PAIX OU SILENCE ?

Au lieu d’écouter le cri du peuple pour la vérité des urnes, le pouvoir oppose des appels à la paix. Pourtant, personne n’a déclaré la guerre, si ce n’est ceux qui cherchent à étouffer la vérité par la peur. La paix ne saurait être une injonction imposée d’en haut, surtout lorsqu’elle dissimule des pratiques conflictuelles. La paix n’est pas le contraire de la justice, elle en est la conséquence.

Depuis la clôture du scrutin présidentiel, une réponse revient tel un refrain : appel à la paix. Cet appel, à première vue noble, semble dissonant face à la réalité du terrain. Pourquoi cette insistance sur la paix, alors que la majorité des citoyens ne réclament que la vérité des urnes ? Quelqu’un a-t-il déclaré la guerre ? Le peuple exige simplement que son choix soit respecté, que sa voix soit entendue.

Mais à cette demande légitime, le système répond par des arrestations ciblées, des intimidations, des coupures d’internet, des militarisations de quartiers, des convocations ethniques, et parfois, par des falsifications de procès-verbaux. On déploie des FMO comme si la souveraineté populaire était une menace. Or, “on ne peut pas appeler à la paix tout en préparant la répression”, disait un vieux sage.

Les véritables artisans de la paix, ce sont ceux qui ont, dès le départ, plaidé pour une transition démocratique avant d’aller aux élections. Ceux qui ont vu venir l’impasse et alerté sur la nécessité de réformer la loi électorale, de rééquilibrer les institutions, de crédibiliser le jeu politique. “Gouverner, c’est prévoir”, dit l’adage. Or, on a préféré foncer, organiser le scrutin dans des conditions contestées, et aujourd’hui, on veut faire taire les inquiétudes par des slogans.

Ceux qui appelaient à des élections sans réforme sont devenus, par naïveté ou par calcul, complices de la crise actuelle. La paix ne se commande pas à coups de tracts ou d’injonctions, elle se construit sur la confiance et la vérité. Si les autorités veulent vraiment la paix, qu’elles commencent par garantir la justice. Sinon, comme le disait Frantz Fanon : “Quand on refuse de nommer l’injustice, on prépare les cris de demain.

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