
Un Éditorial de Hilaire NGOUALEU HAMEKOUE
L’Histoire ne se répare pas avec des excuses tardives, ni avec des reconnaissances discrètes en bas de page. Le cas du Kamerun est exemplaire d’un système où le colonisateur a effacé la main qui l’a aidé, puis brisé celle qui s’est levée pour se libérer.
En juillet 2025, la France a reconnu – enfin – qu’elle avait mené une guerre contre le mouvement indépendantiste Kamerunais. Mais cette reconnaissance, aussi symbolique soit-elle, ne doit pas faire diversion. Elle ne peut masquer l’injustice profonde : celle d’un peuple trahi après avoir servi, sacrifié, libéré.
Le 27 août 1940, Douala s’engageait pour sauver la France. En retour, la France a sabré l’aspiration à l’indépendance, orchestré l’assassinat de leaders politiques, et maquillé cette répression sous le vernis de la « mission civilisatrice ». Il est temps que cette vérité s’impose dans les manuels, les discours officiels, et surtout dans la conscience collective.
Car sans justice pour les morts, sans mémoire pour les vivants, il n’y aura jamais de relation honnête entre les deux rives de cette histoire partagée — et trop longtemps déséquilibrée.
