Les manifestations pacifiques se suivent… et se ressemblent. Même scénario : marcheurs déterminés, FMO sur les dents, infiltrations, pillages, incendies, et morts. Derrière cette tragédie à répétition, un détail saute aux yeux : un troisième acteur, souvent oublié, mais redoutablement efficace pour saboter toute revendication légitime.
DE LA MARCHE À LA MORGUE: QUAND LA CONFUSION DEVIENT STRATÉGIE.
Une chronique de Hilaire NGOUALEU HAMEKOUE
À chaque fois que des citoyens descendent dans la rue pour réclamer des comptes, la narration officielle tourne à la caricature : marche = chaos. Pourtant, les faits démentent cette équation. Les marcheurs ne cassent rien tant qu’ils ne sont pas réprimés. Ils scandent, brandissent des pancartes, et revendiquent dans la clarté. Ils marchent pour la justice, pas pour la casse.
Mais l’ordre bascule dès que les FMO choisissent la confrontation plutôt que l’encadrement. Et c’est à ce moment précis qu’un troisième larron entre en scène : les criminels, les casseurs, les infiltrés. Parfois connus, parfois tolérés, parfois carrément utilisés. Car qui profite de cette confusion ? Certainement pas les marcheurs, qui voient leur image salie et leur message discrédité.
Ce schéma, bien rodé, laisse planer un soupçon : et si la stratégie consistait justement à décrédibiliser toute forme de contestation ? Comme le disait Fanon : « Quand on veut noyer son chien, on l’accuse de la rage. »
Les saccages et incendies ciblés, les agressions soudaines de journalistes, les pillages souvent hors du périmètre des marches… ne sont pas le fait des manifestants qui ont des mots d’ordre clairs, mais d’individus aux intentions bien différentes. Il est naïf de croire que cette confusion est accidentelle.
Face à cette spirale destructrice, les autorités doivent avoir le courage d’identifier les vrais fauteurs de trouble, au lieu de criminaliser indistinctement les revendications citoyennes. “Le désordre n’est pas dans la rue, il est dans le refus d’écouter”. Si l’État veut la paix, il doit commencer par la justice. Sinon, chaque marche pacifique se terminera, une fois encore… à la morgue.
